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LA CHAMBRE DES OFFICIERS

de Marc Dugain

 

En Résumé...

Dans les premiers jours de la guerre 14-18, dans la Meuse, Adrien Fournier, jeune officier est touché par un éclat d'obus alors qu'il effectuait une simple reconnaissance. Ses 2 compagnons sont tués sur le coup. Pour lui, ce sera un trou en plein milieu du visage, une hémorragie colmatée par de la boue séchée et la vie. Cette guerre, Adrien l'a vécue à l'hôpital du Val-de-Grâce, entre doutes, douleurs pour un jour ré-affronter le regard des autres. Premier officier à arriver dans la chambre réservée aux officiers, il finit par se lier d'amitié avec 2 autres officiers touchés au visage.

 

En Avis...

Pas d'atténuation pour les détails, Marc Dugain brosse le tableau de cet étage réservé aux officiers défigurés. Avec un récit à la première personne, il se présente sous forme de témoignage d'Adrien, qui était jeune, avec un beau visage et qui se trouve défiguré. La mentalité des personnes est fidèle à ce qu'on nous raconte généralement de cette période. Les blessés sont fiers, ils sont des héros, même si défigurés. Mais avec le temps et la guerre qui s'éternise, le regard des autres quand la guerre est finie, ce poids est de plus en plus lourd pour ces personnes.

A un moment, Adrien qui constate que son arme a été laissée dans l'étui avec son uniforme, une ommission des infirmières, prend cette arme pour se donner la mort. Mais il a ces 2 phrases terribles. "Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider." Car après réflexion sur sa tentative, pour lui, mettre fin à ses jours serait terminer le travail des Allemands, donc une défaite. Lorsque certains camarades de chambré déprimes, ont des idées noires, Adrien et ses amis se font un devoir de les soutenir. Ils sont tous dans cette même galère.

Petit bémol au roman, étant donné que nous sommes centrés sur Adrien et cette chambre des officiers, on a presque l'impression qu'ils sont seuls dans cet hôpital, même si les autres mutilés de guerre sont évoqués. Ils ne se croisent pas, sont à l'écart. Ces officiers bénéficient du meilleur encadrement dans l'hôpital même si avec la guerre la morphine se fait de plus en plus rare, obligeant les infirmières et médecins à attacher les opérés du jour tandis qu'ils souffrent.

J'ai fortement apprécié par contre le fait qu'on suit aussi la réaintégration d'Adrien dans le civil. C'est épisodique mais cela permet au personnage tout comme au lecteur, d'aller mieux.

 

En bref...

Dernier roman je l'espère de ma malédiction 14/18 (pour ceux ne voyant pas de quoi je parle, lisaient toutes mes chroniques depuis septembre et vous verraient que pas mal d'histoires se déroulent à cette période). Je l'ai dévoré très rapidement (un peu moins de 3h00). Plutôt que des photographies de gueules cassées sans explication autre que 14/18 ce livre permet de retrouver l'humain derrière ces visages.

Tag(s) : #Chroniques

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